La disparition d’Alcatel Alsthom apparaît comme un scandale majeur dans la vie économique française de ces dernières années. Ce livre raconte le plus objectivement possible, et avec sérénité, l’invraisemblable déroulement de cette tragédie.

Pierre Suard, ancien polytechnicien et ingénieur des Ponts et Chaussées, présida le groupe de 1986 à 1995 après avoir dirigé certaines de ses filiales pendant 13 ans. Par la décision d’un juge d’instruction, il fut du jour au lendemain, le 10 mars 1995, interdit de travailler pour le groupe, sur la base de griefs qui 11ans plus tard furent jugés non fondés et firent l’objet d’un non-lieu.

Il fut remplacé par un président nouveau dans ce type d’industrie, qui écarta ou licencia tous les dirigeants clef de l’équipe précédente et qui choisit une stratégie radicalement différente de celle qui avait fait le succès du groupe.

Le mal fut irrémédiable.

Au terme de 10 ans, des dizaines de milliers d’emplois avaient disparu. Le groupe abandonna la plupart de ses métiers et se concentra sur une partie des télécoms ; il réalisa ainsi de substantielles plus-values qui limitèrent ses pertes et confortèrent sa trésorerie, mais il demeurait durablement déficitaire et se trouvait dans une situation financière délicate.

La responsabilité de cette catastrophe repose en premier lieu sur l’invraisemblable instruction judiciaire, riche d’anomalies comme celle d’Outreau. C’est elle qui ouvrit la voie à une nouvelle direction dont la stratégie conduisit au désastre final. Mais par leur laxisme ou leur corporatisme, les instances de contrôle, Cour d’Appel et Conseil d’administration, faillirent à endiguer ce déluge.



<< Annexes   -   Table des Matières >>